Retour au pays, le choc inversé

Je n’ai pas trouvé beaucoup d’articles qui parlent de ce sujet et pourtant, c’est un syndrome qui existe.

Certains expatriés vivent avec le mal du pays, leur pays. Mais on ne parle pas du mal qui nous ronge quand on décide de quitter son pays d’expatriation et qu’on doit se réadapter à un mode de vie totalement différent.

Cela fait presque 6 mois que je suis revenue de mon séjour de 2 ans au Royaume-Uni et je n’arrive pas à trouver ma place dans mon propre pays.

 

Un expérience marquante

Mon expérience d’expatrié au Royaume-Uni est sans aucun doute à ce jour l’expérience la plus riche que j’ai vécu.

Extrêmement éprouvante, la plus dure, où j’ai bien cru que je n’y arriverai jamais. Je me suis sentie au fond du gouffre comme je ne l’avais jamais été, livrée à moi-même.

C’est aussi une des périodes les plus heureuses de ma vie, je suis sentie libre, forte, rien ne pouvait m’arriver, j’avais plus d’assurance, j’étais plus sûre de moi.

J’ai rencontré des gens, beaucoup, ceux qui m’ont touché, ceux qui ont ouvert une brèche profonde et chaude dans mon coeur, ceux qui m’ont aussi ouverts les yeux sur le monde et ceux qui m’ont blessé. A leur façon, ces personnes m’ont permis de me définir, de sculpter la personne que je voulais être.

Je suis sortie de ma zone de confort un nombre incommensurable de fois.

J’ai mené de front, petites batailles après petites batailles pour espérer gagner la guerre. À mon échelle. Et au début de cette aventure, je n’aurai pas imaginé être capable d’accomplir tout ça. Tout simplement car je ne m’étais pas mise devant le fait accompli que rien n’est facile dans la vie, et que si on veut réaliser ses rêves, il faut aller les chercher et les suivre jusqu’au bout.

C’est en quittant la France que j’ai inconsciemment mis la machine en route. J’ai découvert cette nouvelle facette de moi-même, et ma soif d’aventure, que je n’aurais jamais découvert si je n’étais pas partie.

Tout ce que j’ai vécu s’est donc encré (oui encré et pas ancré) en moi, profondément. La marque laissée est encore rouge et ne cicatrisera probablement jamais.

 

Une idéalisation

Je n’ai jamais aimé Paris. C’est un fait qui n’a rien de nouveau. J’avais vécu un an et je ne sentais pas la ville me rendre un sentiment positif.

Londres, c’est différent. J’avais peur, j’étais terrifiée de me retrouver dans une ville aussi grande, inconnue, où je n’avais mis les pieds qu’une seule fois dans ma vie (en touriste).

A mon premier jour à Londres, j’ai marché pendant au moins 10h dans cette immense ville, je me suis perdue, mes pieds ont saignés aussi. Je n’ai porté aucun jugement. Mais mon instinct m’a mis la puce à l’oreille, et je me sentais bien, malgré les challenges qui, je savais m’attendaient.

Sans aucun doute, j’aime et je connais chaque recoin de Londres, comme ma poche. Je pourrais m’y perdre sans me perdre et je n’ai pas peur d’affronter cette ville. Indéniablement rock’n’roll, chaleureuse et ouverte. J’ai tenté des choses que je n’aurai jamais faites en France. Je pouvais être ce que mon coeur me dictait. Sans être jugée, sans être prétentieuse, sans être non plus quelqu’un d’autre. J’étais le prolongement de moi-même.
Le sentiment s’est prolongé à Édimbourg, différent, mais toujours aussi puissant.

En revenant en France (Paris). C’est là que les choses se gâtent. Cette ville m’oppressent de tous les côtés. La froideur des gens dans la rue, leur regard de travers, les bières hors de prix, lex bâtiments gris, les bousculades dans le métro, les critiques… j’en passe. Ici, rien ne me fait rêver. 

Alors que je me sentais plus sûre de moi à l’étranger, ici je n’ai pas réussi à trouver de pensées positives. La brèche dans mon coeur s’est violemment refermée, laissant place à un mutisme profond qui n’a fait que décroitre mon assurance.
L’évidence était là. Ce que j’avais fait et ce que j’étais à l’étranger, ne pouvait pas être fait ici. Pourquoi ?

C’est pourtant de cette façon que j’étais forte. Ici, je suis redevenue mortelle, fragile.

Alors oui, vous allez encore m’entendre râler (en bonne française)- j’avais pourtant arrêter de râler à l’étranger. Encore m’entendre chanter les louanges du Royaume-Uni – car la cicatrice est toujours là. Mais le mal dont je souffre existe, et il y a un nom pour ça, le re-entry shock ou Reverse Culture Shock – Le choc du retour.

 

Et Finalement

J’ai donc un idéal bien ancré dans mon petit crâne, qu’est le Royaume-Uni. Et la France ne lui arrive pas à la cheville.

 

It’s a funny thing about coming home. Looks the same, smells the same, feels the same. You’ll realize what’s changed is you.

*C’est drôle de revenir à la maison. Rien n’a changé, l’odeur est la même, l’impression que tout est pareil. Puis tu réalises que ce qui a changé c’est toi.

Cette citation est tirée de L’Étrange Histoire de Benjamin Button qui semblerait être alignée avec mon état d’esprit.

 

PS: Ce billet n’est pas une ode à la dépression, simplement un retour d’expérience balayé d’émotions puissantes qui me fait du bien de partager. 🙂

Mais alors pourquoi suis-je revenue à Paris demanderez-vous ? Pour un job coup de coeur, celui que je cherchais depuis longtemps, et j’apprends énormément tous les jours, même si ce n’est pas facile. J’ai choisi de me concentrer sur ma vie professionnelle pour l’instant. Et je ne regrette pas, car j’adore ma boîte et les gens avec qui je travaille.

Mais UK, sache que je reviendrais ! <3

 

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Graine de pirate

Petite je rêvais d’être un pirate. Pas un pirate sanguinaire et avide de trésors, mais plutôt celui qui est aventurier, combatif et curieux. Je pars donc en expédition pour ma première aventure. Celle de la découverte de mon nouveau monde... Le Royaume-Uni.

Un commentaire

  1. Avatar

    Reviens alors 🙂
    Très beau billet ceci dit.

    Répondre
    Jessie - octobre 2019

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